La Bible du Semeur

Esaïe 23:1-18

Contre Tyr et Sidon

1Oracle sur Tyr23.1 Tyr : importante ville phénicienne sur la côte nord à l’ouest d’Israël, construite en partie sur la terre ferme, en partie sur un îlot proche. Tyr fut à l’époque le plus grand centre commercial du monde antique, elle avait établi des colonies en Asie Mineure, en Grèce, à Chypre, en Afrique (Carthage) et en Espagne (Tarsis). Comme l’Assyrie représente la puissance militaire, Tyr symbolise le commerce. :

Hurlez, navires au long cours23.1 Autre traduction : navires de Tarsis.,

car votre port d’attache |a été dévasté,

ses maisons sont détruites.

Ils en ont reçu la nouvelle |au retour de Kittim23.1 Voir Nb 24.24 et la note..

2Restez muets, |habitants de la côte,

vous marchands de Sidon23.2 Sidon : deuxième port phénicien, à 40 kilomètres au nord de Tyr (voir Ez 28.20-26). |dont les commis

sillonnent de profondes mers23.2 dont les commis … mers : d’après le texte hébreu de Qumrân..

3Le blé semé le long du Nil,

les moissons qui croissaient |sur les rives du fleuve |étaient son revenu ;

elle était devenue |la place du marché |des autres peuples.

4Sois confuse, Sidon,

car la mer a parlé,

le refuge des mers

dit : « Je n’ai pas eu de douleurs,

je n’ai pas accouché,

je n’ai pas élevé de jeunes gens,

je n’ai pas élevé de jeunes filles. »

5Lorsque l’Egypte |en sera informée

et lorsqu’elle apprendra |le sort de Tyr, |elle sera saisie d’angoisse.

6Fuyez jusqu’à Tarsis23.6 Tarsis : peut-être Tartessus, un port d’Espagne (voir Jon 1.3).,

poussez des hurlements, |habitants des régions côtières.

7Est-ce bien là votre cité joyeuse

et dont les origines |se perdent dans le temps23.7 Sa fondation date d’avant 2000 av. J.-C. ?

Est-ce bien là la ville |qui s’en allait au loin |fonder des colonies ?

8Qui donc a décrété |tout cela contre Tyr

qui distribuait des couronnes,

elle dont les marchands |vivaient comme des princes

et dont les commerçants |étaient considérés |comme les grands de cette terre ?

9Le Seigneur des armées célestes |a décrété cela

afin que soit flétri l’orgueil |de tout ce qu’on honore,

pour que tous les grands de la terre |soient rendus méprisables.

10Va, population de Tarsis, |et cultive ton sol23.10 D’après le texte hébreu de Qumrân et l’ancienne version grecque. Le texte hébreu traditionnel a : parcours ton pays.

comme les Egyptiens |dans la vallée du Nil.

Le port n’existe plus,

11car Dieu a étendu |la main contre la mer,

il a fait trembler les royaumes.

Oui, l’Eternel a donné l’ordre |de détruire les forteresses |des Phéniciens.

12Il a dit : Population de Sidon,

toi, jeune femme molestée, |cesse de te réjouir !

Debout, mets-toi en route, |va t’établir à Chypre,

mais même là, il n’y aura |aucun repos pour toi23.12 Chypre, colonie phénicienne (voir v. 1 et note)..

13Car le pays des Chaldéens

qui ne sont pas un peuple,

Assur23.13 Assur : c’est-à-dire l’Assyrie. Sennachérib a détruit Babylone en 689 av. J.-C. Si l’Assyrie a vaincu la Chaldée, plus puissante que Tyr et Sidon, celles-ci ne pourront pas échapper à l’emprise assyrienne. l’a assigné |aux bêtes du désert ;

il a dressé des tours |pour assiéger la ville,

il en a rasé les palais,

il en a fait des ruines.

14Hurlez, navires au long cours23.14 Autre traduction : navires de Tarsis.,

car votre forteresse |est dévastée

15et il arrivera, |en ce jour-là,

que la ville de Tyr |sombrera dans l’oubli |pour soixante-dix ans,

aussi longtemps que dure |la vie d’un roi.

Ce délai écoulé, |il en sera de Tyr

comme de cette courtisane |dont parle la chanson :

16Va, et prends une lyre,

fais le tour de la ville,

courtisane oubliée !

Tâche de bien jouer, |et multiplie tes chants,

pour qu’on prête attention à toi !

17Et il arrivera, quand soixante-dix ans se seront écoulés, que l’Eternel interviendra pour Tyr qui retournera à ses gains et recommencera à se prostituer avec tous les royaumes sur la surface de la terre. 18Mais ses gains, ses profits, seront tous consacrés à l’Eternel. Au lieu d’être amassés, d’être mis en réserve, ses gains appartiendront aux hommes qui demeurent en présence de l’Eternel pour qu’ils puissent manger à satiété, et s’habiller de vêtements splendides.