Actes 10-16

Témoins devant les non-Juifs

Pierre chez l’officier Corneille

A Césarée[a] vivait un officier romain nommé Corneille qui avait un poste de commandement dans la cohorte appelée «l’Italique». Il était pieux et craignait Dieu, avec tous les gens de sa maison. Il était généreux envers les pauvres du peuple et priait Dieu en tout temps. Un jour, vers trois heures de l’après-midi[b], il eut une vision: il vit distinctement un ange de Dieu qui entrait chez lui et qui lui dit: Corneille!

Corneille le regarda et, tout tremblant, demanda: Qu’y a-t-il, Seigneur?

L’ange lui répondit: Tes prières et tes largesses envers les pauvres ont été accueillies par Dieu et il est intervenu en ta faveur. C’est pourquoi; maintenant, envoie des hommes à Jaffa pour faire venir ici un certain Simon que l’on surnomme Pierre. Il loge chez un autre Simon, un tanneur, qui habite une maison près de la mer.

Dès que l’ange qui venait de lui parler fut parti, Corneille appela deux de ses serviteurs et l’un des soldats affectés à son service, qui était un homme pieux. Il leur raconta tout ce qui venait de se passer et les envoya à Jaffa[c].

Le lendemain, tandis qu’ils étaient en chemin et se rapprochaient de Jaffa, Pierre monta sur la terrasse de la maison pour prier. Il était à peu près midi[d]: il eut faim et voulut manger. Pendant qu’on lui préparait son repas, il tomba en extase. Il vit le ciel ouvert et une sorte de grande toile, tenue aux quatre coins, qui s’abaissait et descendait vers la terre; elle contenait toutes sortes d’animaux: des quadrupèdes, des reptiles et des oiseaux.

Il entendit une voix qui lui disait: Lève-toi, Pierre, tue ces bêtes et mange-les.

– Oh non! Seigneur, répliqua Pierre, car jamais de ma vie je n’ai rien mangé de souillé ou d’impur.

Mais la voix reprit et dit: Ce que Dieu a déclaré pur, ce n’est pas à toi de le considérer comme impur.

Par trois fois, cela se renouvela, puis la nappe disparut dans le ciel.

Pierre était fort perplexe et se demandait ce que cette vision signifiait. Pendant ce temps, les hommes envoyés par Corneille s’étaient renseignés pour savoir où se trouvait la maison de Simon, et ils se présentèrent à la porte d’entrée: ils appelèrent et demandèrent si c’était bien là que logeait Simon, surnommé Pierre.

Comme Pierre en était toujours à réfléchir sur sa vision, l’Esprit lui dit: Ecoute, il y a trois[e] hommes qui te demandent. Va, descends et pars avec eux sans hésiter, car c’est moi qui les ai envoyés.

Alors Pierre descendit et se présenta en disant: Me voilà, c’est moi que vous cherchez. Pourquoi êtes-vous venus?

– Nous venons de la part du centurion Corneille, répondirent-ils. C’est un homme droit, qui craint Dieu et qui jouit de l’estime de toute la population juive. Un ange de Dieu lui a demandé de te faire venir dans sa maison pour écouter ce que tu peux avoir à lui dire.

Alors Pierre les fit entrer et leur offrit l’hospitalité pour la nuit. Le lendemain, il se mit en route avec eux, accompagné de quelques frères de Jaffa.

Pierre témoin de Jésus-Christ devant les non-Juifs

Le jour suivant, il arriva à Césarée. Corneille les attendait; il avait invité sa parenté et ses amis intimes. Au moment où Pierre allait entrer, Corneille s’avança vers lui, se jeta à ses pieds et se prosterna devant lui.

Mais Pierre le releva.

– Non, lui dit-il, lève-toi! Je ne suis qu’un simple homme, moi aussi.

Puis, tout en s’entretenant avec lui, il entra dans la maison et découvrit les nombreuses personnes qui s’y étaient réunies. Il leur dit: Vous savez que la Loi interdit à un Juif de fréquenter un étranger ou d’entrer chez lui. Mais Dieu m’a fait comprendre qu’il ne faut considérer aucun être humain comme souillé ou impur. Voilà pourquoi je n’ai fait aucune difficulté pour venir quand vous m’avez appelé. A présent, puis-je savoir pour quelle raison vous m’avez fait venir?

Corneille lui répondit: Il y a trois jours, à peu près à cette heure-ci, j’étais chez moi en train de faire la prière[f] de trois heures de l’après-midi. Soudain, un homme aux habits resplendissants s’est présenté devant moi et m’a dit: «Corneille, ta prière a été entendue et Dieu a tenu compte des secours que tu as apportés aux pauvres. Envoie donc des hommes à Jaffa pour inviter Simon, que l’on surnomme Pierre, à venir ici. Il loge chez un autre Simon, un tanneur qui habite une maison près de la mer.» Par conséquent, je t’ai donc immédiatement envoyé chercher, et je te remercie d’avoir bien voulu venir. Nous voici donc maintenant tous ici devant Dieu, prêts à écouter tout ce que le Seigneur t’a chargé de nous dire.

Alors Pierre prit la parole et dit:

Maintenant je me rends vraiment compte que Dieu ne fait pas de différence entre les hommes. Au contraire, parmi tous les peuples, tout homme qui le craint et qui fait ce qui est juste lui est agréable. Il a adressé sa parole aux Israélites pour leur annoncer la paix par Jésus-Christ, qui est le Seigneur de tous les hommes. Vous savez ce qui s’est passé, à commencer par la Galilée, puis dans toute la Judée, après que Jean a appelé les foules à se faire baptiser. Ensuite, Dieu a oint Jésus de Nazareth en répandant sur lui la puissance du Saint-Esprit. Celui-ci a parcouru le pays en faisant le bien et en guérissant tous ceux qui étaient tombés sous le pouvoir du diable, car Dieu était avec lui.

Nous sommes les témoins de tout ce qu’il a fait, dans le pays des Juifs et à Jérusalem, où ils l’ont mis à mort en le clouant à la croix. Mais Dieu l’a ramené à la vie le troisième jour et lui a donné de se montrer vivant, non à tout le peuple, mais aux témoins que Dieu avait lui-même choisis d’avance, c’est-à-dire à nous. Et nous avons mangé et bu avec lui après sa résurrection. Jésus nous a donné l’ordre de prêcher au peuple juif et de proclamer que c’est lui que Dieu a désigné pour juger les vivants et les morts. Tous les prophètes ont parlé de lui en disant que tout homme qui croit en lui reçoit par lui le pardon de ses péchés.

Le don de l’Esprit aux non-Juifs

Alors que Pierre prononçait ces mots, l’Esprit Saint descendit soudain sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants juifs qui étaient venus avec Pierre furent très étonnés de voir que l’Esprit Saint était aussi donné aux non-Juifs, et répandu sur eux. En effet, ils les entendaient parler en différentes langues et célébrer la grandeur de Dieu.

Alors Pierre demanda: Peut-on refuser de baptiser dans l’eau ceux qui ont reçu l’Esprit Saint aussi bien que nous?

Et il donna ordre de les baptiser au nom de Jésus-Christ. Ensuite, ils le prièrent de rester encore quelques jours avec eux.

Le rapport de Pierre aux croyants de Jérusalem

Les apôtres et les frères qui habitaient la Judée apprirent que les non-Juifs venaient d’accepter la Parole de Dieu. Et dès que Pierre fut de retour à Jérusalem, les croyants d’origine juive lui firent des reproches: Comment! lui dirent-ils, tu es entré chez des incirconcis et tu as mangé avec eux!

Mais Pierre se mit à leur exposer, point par point, ce qui s’était passé.

– Pendant mon séjour à Jaffa, dit-il, j’étais en train de prier, quand je suis tombé en extase et j’ai eu une vision: une sorte de grande toile, tenue aux quatre coins, est descendue du ciel et elle est venue tout près de moi. J’ai regardé attentivement ce qu’il y avait dedans et j’ai vu des quadrupèdes, des bêtes sauvages, des reptiles et des oiseaux. J’ai entendu alors une voix qui me disait: «Lève-toi, Pierre, tue ces bêtes et mange-les.» Mais j’ai répondu: «Oh! non, Seigneur, car jamais de ma vie je n’ai rien mangé de souillé ou d’impur.» La voix céleste s’est fait entendre une deuxième fois: «Ce que Dieu a déclaré pur, ce n’est pas à toi de le considérer comme impur.»

Cela est arrivé trois fois, puis tout a disparu dans le ciel.

Et voilà qu’au même moment trois hommes sont arrivés à la maison où nous nous trouvions[g]. Ils venaient de Césarée et avaient été envoyés vers moi. Alors l’Esprit me dit d’aller avec eux sans hésiter. Je pris donc avec moi les six frères que voici et nous nous sommes rendus chez cet homme.

Celui-ci nous a raconté qu’un ange lui était apparu dans sa maison et lui avait dit: «Envoie quelqu’un à Jaffa pour faire venir chez toi Simon, surnommé Pierre. Il te dira comment toi et tous les tiens vous serez sauvés.»

J’ai donc commencé à leur parler, quand l’Esprit Saint est descendu sur eux, de la même manière qu’il était descendu sur nous au commencement. Aussitôt, je me suis souvenu de cette parole du Seigneur:

Jean a baptisé dans de l’eau, mais vous,
vous serez baptisés dans le Saint-Esprit.

Puisque Dieu leur a accordé le même don qu’à nous quand nous avons cru, qui étais-je, moi, pour pouvoir m’opposer à Dieu?

Ce récit les apaisa et ils louèrent Dieu et dirent: Dieu a aussi donné aux non-Juifs de changer pour recevoir la vie.

La Parole annoncée aux non-Juifs à Antioche

Les disciples s’étaient dispersés lors de la persécution survenue après la mort d’Etienne. Ils allèrent jusqu’en Phénicie, dans l’île de Chypre et à Antioche[h], mais ils n’annonçaient la Parole qu’aux Juifs. Toutefois, quelques-uns d’entre eux, qui étaient originaires de Chypre et de Cyrène, se rendirent à Antioche et s’adressèrent aussi aux non-Juifs[i] en leur annonçant le Seigneur Jésus. Or le Seigneur était avec eux; un grand nombre de personnes crurent et se convertirent au Seigneur.

Bientôt l’Eglise qui était à Jérusalem apprit la nouvelle. Elle envoya Barnabas à Antioche. A son arrivée, il constata ce que la grâce de Dieu avait accompli et il en fut rempli de joie. Il encouragea donc tous les croyants à rester fidèles au Seigneur avec une ferme assurance. Barnabas était en effet un homme bienveillant, rempli d’Esprit Saint et de foi. Et un grand nombre de personnes s’attachèrent au Seigneur. Barnabas se rendit alors à Tarse pour y chercher Saul. Quand il l’eut trouvé, il l’amena avec lui à Antioche. Ils passèrent toute une année à travailler ensemble dans l’Eglise et enseignèrent beaucoup de gens. C’est à Antioche que, pour la première fois, les disciples de Jésus furent appelés «chrétiens».

A cette même époque, des prophètes se rendirent de Jérusalem à Antioche. L’un d’eux, nommé Agabus, se leva et prédit sous l’inspiration de l’Esprit qu’une grande famine sévirait bientôt dans le monde entier[j]. Elle eut lieu, en effet, sous le règne de l’empereur Claude[k]. Les disciples d’Antioche décidèrent alors de donner, chacun selon ses moyens, et d’envoyer des secours aux frères qui habitaient la Judée. C’est ce qu’ils firent: ils envoyèrent leurs dons aux responsables de l’Eglise par l’intermédiaire de Barnabas et de Saul[l].

La délivrance de Pierre

Vers la même époque, le roi Hérode[m] se mit à maltraiter quelques membres de l’Eglise. Il fit tuer par l’épée Jacques, le frère de Jean. Quand il s’aperçut que cela plaisait aux Juifs, il fit aussi arrêter Pierre. C’était pendant les jours des «Pains sans levain». Lorsqu’on eut arrêté Pierre, il le fit mettre en prison et le plaça sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune. Il voulait le faire comparaître devant le peuple après la Pâque.

Pierre était donc sous bonne garde dans la prison. Mais l’Eglise priait ardemment Dieu en sa faveur. Or, la nuit qui précédait le jour où Hérode allait le faire comparaître, Pierre, attaché par deux chaînes, dormait entre deux soldats, et devant la porte de la prison, des sentinelles montaient la garde.

Tout à coup, un ange du Seigneur apparut, et la cellule fut inondée de lumière. L’ange toucha Pierre au côté pour le réveiller: Lève-toi vite! lui dit-il.

Au même instant, les chaînes lui tombèrent des poignets.

– Allons, poursuivit l’ange, mets ta ceinture et attache tes sandales!

Pierre obéit.

– Maintenant, ajouta l’ange, mets ton manteau et suis-moi.

Pierre le suivit et sortit, sans se rendre compte que tout ce que l’ange faisait était réel: il croyait avoir une vision. Ils passèrent ainsi devant le premier poste de garde, puis devant le second et arrivèrent devant la porte de fer qui donnait sur la ville. Celle-ci s’ouvrit toute seule. Ils sortirent et s’avancèrent dans une rue. Et soudain, l’ange le quitta.

Alors seulement, Pierre reprit ses esprits et se dit: «Ah, maintenant je le vois bien, c’est vrai: le Seigneur a envoyé son ange et m’a délivré des mains d’Hérode et de tout le mal que voulait me faire le peuple juif.»

Après réflexion, il se rendit à la maison de Marie, la mère de Jean appelé aussi Marc[n]. Un assez grand nombre de frères s’y étaient réunis pour prier. Il frappa au battant de la porte. Une jeune servante, appelée Rhode, s’approcha et demanda qui était là. Elle reconnut la voix de Pierre et, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle se précipita pour annoncer: C’est Pierre! Il est là, dehors, devant la porte.

– Tu es folle, lui dirent-ils.

Mais elle n’en démordait pas.

– Alors, c’est son ange, dirent-ils.

Pendant ce temps, Pierre continuait à frapper. Ils ouvrirent, le virent et en restèrent tout étonnés. D’un geste de la main, Pierre leur fit signe de se taire, et il leur raconta comment le Seigneur l’avait fait sortir de prison. Il ajouta: Faites savoir tout cela à Jacques[o] et aux autres frères.

Ensuite, il repartit et se rendit ailleurs.

Quand le jour se leva, il y eut un grand émoi parmi les soldats: Où donc était passé Pierre? Hérode le fit rechercher, mais on ne le trouva nulle part. Alors, après avoir fait interroger les gardes, il ordonna leur exécution. Ensuite, il quitta la Judée pour se rendre à Césarée où il passa quelque temps.

La mort du roi Hérode

Or, Hérode était en conflit avec les habitants de Tyr et de Sidon. Ceux-ci décidèrent ensemble de lui envoyer une délégation. Après s’être assuré l’appui de Blastus, son conseiller, ils demandèrent la paix, car leur pays était économiquement dépendant de celui du roi. Au jour fixé, Hérode, revêtu de ses vêtements royaux, prit place sur son trône et leur adressa un discours en public. Le peuple se mit à crier: Ce n’est plus un homme qui parle. C’est la voix d’un dieu.

Au même instant, un ange du Seigneur vint le frapper parce qu’il n’avait pas rendu à Dieu l’honneur qui lui est dû. Dévoré par les vers, il expira[p].

Mais la Parole de Dieu se répandait toujours plus. Barnabas et Saul, après avoir rempli leur mission en faveur des croyants de Jérusalem, partirent[q] en emmenant avec eux Jean surnommé Marc.

Témoins en Asie mineure et en Grèce

Saul et Barnabas partent en mission

Il y avait alors à Antioche, dans l’Eglise qui se trouvait là, des prophètes et des enseignants: Barnabas, Siméon surnommé le Noir, Lucius, originaire de Cyrène, Manaën, qui avait été élevé avec Hérode le gouverneur[r], et Saul.

Un jour qu’ils adoraient ensemble le Seigneur et qu’ils jeûnaient, le Saint-Esprit leur dit: Mettez à part pour moi Barnabas et Saul pour l’œuvre à laquelle je les ai appelés.

Alors, après avoir jeûné et prié, ils leur imposèrent les mains et les laissèrent partir. C’est donc envoyés par le Saint-Esprit que Barnabas et Saul descendirent à Séleucie[s], où ils s’embarquèrent pour l’île de Chypre. Une fois arrivés à Salamine, ils annoncèrent la Parole de Dieu dans les synagogues des Juifs. Jean-Marc était avec eux et les secondait.

Elymas le magicien

Ils traversèrent toute l’île et arrivèrent à Paphos[t]. Ils trouvèrent là un magicien juif nommé Bar-Jésus, qui se faisait passer pour un prophète. Il faisait partie de l’entourage du proconsul Sergius Paulus, un homme intelligent. Celui-ci invita Barnabas et Saul et leur exprima son désir d’entendre la Parole de Dieu. Mais Elymas le magicien (car c’est ainsi que l’on traduit son nom) s’opposait à eux; il cherchait à détourner le proconsul de la foi. Alors Saul, qui s’appelait aussi Paul[u], rempli du Saint-Esprit, s’adressa à lui en le regardant droit dans les yeux: Charlatan plein de ruse et de méchanceté, fils du diable, ennemi de tout ce qui est bien, quand cesseras-tu de fausser les plans du Seigneur qui sont droits? Mais maintenant, attention! La main du Seigneur va te frapper, tu vas devenir aveugle et, pendant un certain temps, tu ne verras plus la lumière du soleil.

Au même instant, les yeux d’Elymas s’obscurcirent; il se trouva plongé dans une nuit noire et se tournait de tous côtés en cherchant quelqu’un pour le guider par la main.

Quand le proconsul vit ce qui venait de se passer, il crut; car il avait été vivement impressionné par l’enseignement qui lui avait été donné au sujet du Seigneur.

La prédication de Paul dans la synagogue d’Antioche en Pisidie

Paul et ses compagnons reprirent la mer à Paphos et arrivèrent à Pergé en Pamphylie[v]. Là, Jean-Marc[w] les abandonna et retourna à Jérusalem. Quant à eux, ils quittèrent Pergé et continuèrent leur route jusqu’à Antioche en Pisidie. Là, ils se rendirent à la synagogue le jour du sabbat et s’assirent.

Après qu’on eut fait la lecture dans la Loi et les prophètes, les chefs de la synagogue leur firent dire: Frères, si vous avez quelques mots à adresser à la communauté, vous avez la parole.

Alors Paul se leva; d’un geste de la main il demanda le silence et dit:

Israélites et vous tous qui craignez Dieu, écoutez-moi! Le Dieu de notre peuple d’Israël a choisi nos ancêtres. Il a fait grandir le peuple pendant son séjour en Egypte. Ensuite, en déployant sa puissance, il l’en a fait sortir. Pendant quarante ans environ, il l’a supporté[x] dans le désert. Après avoir détruit sept peuplades dans le pays de Canaan, il a donné leur territoire à son peuple. Tout cela a duré environ 450 ans.

Après cela, il a donné[y] à nos ancêtres des chefs jusqu’à l’époque du prophète Samuel. Alors le peuple a demandé un roi et Dieu leur a donné Saül, fils de Qish, de la tribu de Benjamin. Celui-ci a régné sur eux pendant quarante ans. Mais Dieu l’a rejeté et leur a choisi pour roi David. C’est à lui qu’il a rendu ce témoignage:

En David, fils d’Isaï, j’ai trouvé un homme qui correspond à mes désirs[z], il accomplira toute ma volonté.

Or, voici que Dieu vient d’accorder à Israël un Sauveur parmi les descendants de David, comme il l’avait promis, et ce Sauveur, c’est Jésus. Avant sa venue, Jean avait appelé tous les Israélites à se faire baptiser en signe d’un profond changement. Arrivé au terme de sa vie, Jean disait encore: «Qui pensez-vous que je suis? Je ne suis pas celui que vous attendiez! Non! il vient après moi, et je ne mérite pas de dénouer ses sandales.»

Mes frères, vous qui êtes les descendants d’Abraham et vous qui craignez Dieu et qui êtes présents parmi nous, c’est à nous[aa] que Dieu a envoyé cette Parole de salut.

En effet, les habitants de Jérusalem et leurs chefs n’ont compris ni qui était Jésus, ni les paroles des prophètes qui sont lues chaque jour de sabbat. Et voici qu’en condamnant Jésus, ils ont accompli ces prophéties. Ils n’ont trouvé chez lui aucune raison de le condamner à mort, et pourtant, ils ont demandé à Pilate de le faire exécuter. Après avoir réalisé tout ce que les Ecritures avaient prédit à son sujet, ils l’ont descendu de la croix et l’ont déposé dans un tombeau. Mais Dieu l’a ressuscité. Pendant de nombreux jours, Jésus s’est montré à ceux qui étaient montés avec lui de la Galilée jusqu’à Jérusalem et qui sont maintenant ses témoins devant le peuple.

Et nous, nous vous annonçons que la promesse que Dieu avait faite à nos ancêtres, il l’a pleinement accomplie pour nous, qui sommes leurs descendants, en ressuscitant Jésus, selon ce qui est écrit au Psaume deux:

Tu es mon Fils;
aujourd’hui, je fais de toi mon enfant[ab].

Dieu avait annoncé celui qui ne devait pas retourner à la pourriture. C’est ce qu’il avait dit en ces termes:

Je vous accorderai
les bénédictions saintes et sûres que j’ai promises à David[ac].

Dans un autre passage, il est dit encore:

Tu ne laisseras pas un homme qui t’est dévoué se décomposer dans la tombe[ad].

Pourtant, David, après avoir en son temps contribué à l’accomplissement du plan de Dieu, est mort et a été enterré aux côtés de ses ancêtres. Il a donc connu la décomposition. Mais celui que Dieu a ressuscité ne l’a pas connue.

Sachez-le donc, mes frères, c’est grâce à lui que le pardon des péchés vous est annoncé; c’est par lui que tout homme qui croit est acquitté de toutes les fautes dont vous ne pouviez pas être acquittés par la Loi de Moïse.

Veillez donc à ce qu’il n’arrive pas[ae] ce qu’ont dit les prophètes:

Regardez, hommes pleins de mépris,
soyez dans l’étonnement, et disparaissez,
car je vais accomplir en votre temps une œuvre,
une œuvre que vous ne croiriez pas si l’on vous en parlait[af].

A la sortie, on leur demanda de reparler du même sujet le sabbat suivant. Quand l’assemblée se fut dispersée, beaucoup de Juifs et de non-Juifs convertis au judaïsme et qui adoraient Dieu suivirent Paul et Barnabas. Ceux-ci s’entretenaient avec eux et les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu.

Paul et Barnabas s’adressent aux non-Juifs

Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour écouter la Parole du Seigneur. En voyant tant de monde, les Juifs furent remplis de jalousie et se mirent à contredire Paul et à l’injurier.

Paul et Barnabas leur déclarèrent alors avec une pleine assurance: C’est à vous en premier que la Parole de Dieu devait être annoncée. Mais puisque vous la refusez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes d’avoir part à la vie éternelle, nous nous tournons vers ceux qui ne sont pas Juifs. Car le Seigneur a bien défini notre mission lorsqu’il a dit:

Je t’ai établi pour que tu sois la lumière des autres peuples,
et pour que tu portes le salut jusqu’aux extrémités de la terre[ag].

Quand les non-Juifs les entendirent parler ainsi, ils furent remplis de joie, ils se mirent à louer Dieu pour sa Parole et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle crurent.

La Parole du Seigneur se répandait dans toute la contrée avoisinante. Mais les Juifs excitèrent les femmes dévotes de la haute société qui s’étaient attachées au judaïsme, ainsi que les notables de la ville. Ils provoquèrent ainsi une persécution contre Paul et Barnabas et les expulsèrent de leur territoire.

Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et allèrent à Iconium. Les nouveaux disciples, cependant, étaient remplis de joie et de l’Esprit Saint.

A Iconium

A Iconium[ah], Paul et Barnabas se rendirent aussi à la synagogue des Juifs et y parlèrent de telle sorte que beaucoup de Juifs et de non-Juifs devinrent croyants. Mais les Juifs qui avaient refusé de croire suscitèrent chez les non-Juifs de l’hostilité et de la malveillance à l’égard des frères. Néanmoins, Paul et Barnabas prolongèrent leur séjour dans cette ville; ils parlaient avec assurance, car ils étaient confiants dans le Seigneur et celui-ci confirmait la vérité du message de sa grâce, en leur donnant d’accomplir des signes miraculeux et des prodiges.

La population de la ville se partagea en deux camps: les uns prenaient parti pour les Juifs, les autres pour les apôtres. Les non-Juifs et les Juifs, avec leurs chefs, s’apprêtaient à maltraiter les apôtres et à les lapider, mais ceux-ci, dès qu’ils en furent informés, cherchèrent refuge dans les villes de la Lycaonie: Lystres, Derbé et les environs[ai]. Là aussi, ils annoncèrent l’Evangile.

A Lystres

A Lystres se trouvait un homme paralysé des pieds: infirme de naissance, il n’avait jamais pu marcher. Il écoutait les paroles de Paul. L’apôtre fixa les yeux sur lui et, voyant qu’il avait la foi pour être sauvé, il lui commanda d’une voix forte: Lève-toi et tiens-toi droit sur tes pieds!

D’un bond, il fut debout et se mit à marcher.

Quand ils virent ce que Paul avait fait, les nombreux assistants crièrent dans leur langue, le lycaonien: Les dieux ont pris forme humaine et ils sont descendus parmi nous.

Ils appelaient Barnabas Zeus[aj], et Paul Hermès parce qu’il était le porte-parole.

Le prêtre du dieu Zeus, dont le temple se trouvait à l’entrée de la ville, fit amener devant les portes de la cité des taureaux ornés de guirlandes et de fleurs. Déjà il s’apprêtait, avec la foule, à les offrir en sacrifice.

Quand les apôtres Barnabas et Paul l’apprirent, ils déchirèrent leurs vêtements en signe de consternation et se précipitèrent au milieu de la foule en s’écriant: Amis, que faites-vous là? Nous ne sommes que des hommes, nous aussi, semblables à vous. Nous sommes venus vous annoncer une bonne nouvelle: c’est qu’il vous faut abandonner ces idoles inutiles pour vous tourner vers le Dieu vivant, qui a créé le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve. Dans les siècles passés, ce Dieu a laissé tous les peuples suivre leurs propres chemins. Pourtant, il n’a jamais cessé de leur donner des témoignages de sa bonté, car il vous envoie du ciel la pluie et des fruits abondants en leur saison. Oui, c’est lui qui vous donne de la nourriture en abondance et comble votre cœur de joie.

Même en leur parlant ainsi, ils eurent beaucoup de mal à dissuader la foule de leur offrir un sacrifice.

Des Juifs arrivèrent d’Antioche et d’Iconium et ils parvinrent à retourner le peuple contre eux: ils lapidèrent Paul, puis ils le traînèrent hors de la ville, croyant qu’il était mort. Mais quand les disciples se rassemblèrent autour de lui, il se releva et rentra dans la ville. Le lendemain, il partit avec Barnabas pour Derbé.

Le retour à Antioche

Après avoir annoncé l’Evangile dans cette ville et y avoir fait de nombreux disciples, ils retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche. Ils fortifiaient les disciples et les encourageaient à demeurer fermes dans la foi.

– Car, leur disaient-ils, c’est au travers de beaucoup de souffrances qu’il nous faut entrer dans le royaume de Dieu.

Dans chaque Eglise, ils firent élire[ak] des responsables et, en priant et en jeûnant, ils les confièrent au Seigneur en qui ils avaient cru.

De là, ils traversèrent la Pisidie et gagnèrent la Pamphylie. Après avoir annoncé la Parole à Pergé, ils descendirent au port d’Attalie. Là ils s’embarquèrent pour Antioche d’où ils étaient partis et où on les avait confiés à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils venaient d’accomplir.

A leur arrivée[al], ils réunirent l’Eglise et racontèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux; ils exposèrent, en particulier, comment il avait ouvert aux non-Juifs la porte de la foi. Ils demeurèrent là assez longtemps parmi les disciples.

Controverse sur la circoncision des non-Juifs

Quelques hommes venus de Judée arrivèrent à Antioche. Ils enseignaient les frères, en disant: Si vous ne vous faites pas circoncire comme Moïse l’a prescrit, vous ne pouvez pas être sauvés.

Il en résulta un conflit et de vives discussions avec Paul et Barnabas.

Finalement, il fut décidé que Paul et Barnabas monteraient à Jérusalem avec quelques autres frères pour parler de ce problème avec les apôtres et les responsables de l’Eglise. L’Eglise[am] pourvut à leur voyage[an]. Ils traversèrent la Phénicie et la Samarie, racontant comment les non-Juifs se tournaient vers Dieu. Et tous les frères en eurent beaucoup de joie.

A leur arrivée à Jérusalem, ils furent accueillis par l’Eglise, les apôtres et les responsables; ils leur rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux. Mais quelques anciens membres du parti des pharisiens qui étaient devenus des croyants intervinrent pour soutenir qu’il fallait absolument circoncire les non-Juifs et leur ordonner d’observer la Loi de Moïse.

Les apôtres et les responsables de l’Eglise se réunirent pour examiner la question. Après une longue discussion, Pierre se leva et leur dit:

Mes frères, comme vous le savez, il y a déjà longtemps que Dieu m’a choisi parmi vous pour que j’annonce l’Evangile aux non-Juifs, pour qu’ils l’entendent et deviennent croyants.

Dieu, qui lit dans le secret des cœurs, a témoigné qu’il les acceptait, en leur donnant lui-même le Saint-Esprit comme il l’avait fait pour nous. Entre eux et nous, il n’a fait aucune différence puisque c’est par la foi qu’il a purifié leur cœur.

Pourquoi donc maintenant vouloir provoquer Dieu en imposant à ces disciples un joug que ni nos ancêtres ni nous n’avons jamais eu la force de porter? Non! Voici au contraire ce que nous croyons: c’est par la grâce du Seigneur Jésus que nous sommes sauvés, nous Juifs, de la même manière qu’eux.

Alors tout le monde se tut pour écouter Barnabas et Paul raconter les signes miraculeux et les prodiges que Dieu avait accomplis par eux parmi les non-Juifs. Quand ils eurent fini de parler, Jacques[ao] prit la parole et dit:

Maintenant, mes frères, écoutez-moi! Simon[ap] vous a rappelé comment, dès le début, Dieu lui-même est intervenu pour se choisir parmi les non-Juifs un peuple qui lui appartienne. Cela concorde avec les paroles des prophètes puisqu’il est écrit:

Après cela, dit le Seigneur, je reviendrai, et je rebâtirai la hutte de David qui est tombée en ruine,
et j’en relèverai les ruines, je la redresserai.
Alors, le reste des hommes se tournera vers le Seigneur,
des gens de tous les autres peuples appelés de mon nom comme ma possession.
Le Seigneur le déclare, lui qui réalise ces choses[aq] qu’il avait préparées de toute éternité.

Voici donc ce que je propose, continua Jacques: ne créons pas de difficultés aux non-Juifs qui se convertissent à Dieu. Ecrivons-leur simplement de ne pas manger de viande provenant des sacrifices offerts aux idoles, de se garder de toute inconduite sexuelle, et de ne consommer ni viande d’animaux étouffés ni sang[ar]. En effet, depuis les temps anciens, il y a dans chaque ville des prédicateurs qui enseignent la Loi de Moïse, et chaque sabbat, on la lit dans les synagogues.

Alors les apôtres et les responsables, avec toute l’Eglise, décidèrent de choisir parmi eux quelques délégués et de les envoyer à Antioche avec Paul et Barnabas. Ils choisirent donc Jude, surnommé Barsabbas, et Silas. Tous deux jouissaient d’une grande estime parmi les frères. Voici la lettre qu’ils leur remirent:

Les apôtres et les responsables de l’Eglise adressent leurs salutations aux frères d’origine païenne qui habitent Antioche, la Syrie et la Cilicie.

Nous avons appris que certains frères venus de chez nous ont jeté le trouble parmi vous et vous ont désorientés par leurs paroles. Or, ils n’avaient reçu aucun mandat de notre part. C’est pourquoi nous avons décidé à l’unanimité de choisir des délégués et de vous les envoyer avec nos chers frères Barnabas et Paul qui ont risqué leur vie pour la cause de notre Seigneur Jésus-Christ. Nous vous envoyons donc Jude et Silas, qui vous confirmeront de vive voix ce que nous vous écrivons.

Car il nous a semblé bon, au Saint-Esprit et à nous-mêmes, de ne pas vous imposer d’autres obligations que celles qui sont strictement nécessaires: ne consommez pas de viandes provenant des sacrifices aux idoles, du sang, des animaux étouffés, et gardez-vous de toute inconduite sexuelle. Si vous évitez tout cela, vous agirez bien.

Recevez nos salutations les plus fraternelles.

On laissa partir les délégués et ils se rendirent à Antioche. Ils réunirent l’ensemble des croyants et leur remirent la lettre. On la lut et tous se réjouirent de l’encouragement qu’ils y trouvaient.

Comme Jude et Silas étaient eux-mêmes prophètes, ils parlèrent longuement aux frères pour les encourager et les affermir dans la foi. Ils restèrent là un certain temps, puis les frères leur souhaitèrent bon voyage et les laissèrent retourner auprès de ceux qui les avaient envoyés. [Silas cependant trouva bon de rester à Antioche, de sorte que Jude rentra seul à Jérusalem[as].] Paul et Barnabas restèrent à Antioche, continuant avec beaucoup d’autres à enseigner et à annoncer la Parole du Seigneur.

Paul et Barnabas se séparent

Après quelque temps, Paul dit à Barnabas: Partons refaire le tour de toutes les villes où nous avons annoncé la Parole du Seigneur et rendons visite aux frères pour voir ce qu’ils deviennent.

Mais Barnabas voulait emmener avec lui Jean, appelé aussi Marc, et Paul estimait qu’il ne convenait pas de prendre avec eux celui qui les avait abandonnés en Pamphylie et qui ne les avait pas accompagnés dans leur œuvre.

Leur désaccord fut si profond qu’ils se séparèrent. Barnabas emmena Marc avec lui et s’embarqua pour Chypre. Paul, de son côté, choisit Silas et partit avec lui, après avoir été confié par les frères à la grâce du Seigneur.

Il parcourut la Syrie et la Cilicie en fortifiant les Eglises.

L’appel du Macédonien

Paul se rendit ensuite à Derbé, puis à Lystres. Il y trouva un disciple nommé Timothée; sa mère était une croyante d’origine juive et son père était Grec. Les frères de Lystres et d’Iconium disaient beaucoup de bien de lui. Paul désira le prendre avec lui. Il l’emmena donc et le fit circoncire par égard pour les Juifs qui habitaient dans ces régions et qui savaient tous que son père était Grec. Dans toutes les villes où ils passaient, ils communiquaient aux frères les décisions prises par les apôtres et les responsables de l’Eglise à Jérusalem, en leur demandant de s’y conformer. Et les Eglises s’affermissaient dans la foi et voyaient augmenter chaque jour le nombre de leurs membres.

Ils traversèrent la Galatie phrygienne parce que le Saint-Esprit les avait empêchés d’annoncer la Parole dans la province d’Asie[at]. Parvenus près de la Mysie[au], ils se proposaient d’aller en Bithynie; mais, là encore, l’Esprit de Jésus s’opposa à leur projet. Ils traversèrent donc la Mysie et descendirent au port de Troas. Là, Paul eut une vision au cours de la nuit: un Macédonien se tenait devant lui et le suppliait: Viens en Macédoine et secours-nous!

A la suite de cette vision de Paul, nous[av] avons aussitôt cherché à nous rendre en Macédoine, car nous avions la certitude que Dieu lui-même nous appelait à y annoncer l’Evangile.

Nous nous sommes embarqués à Troas et nous avons mis directement le cap sur l’île de Samothrace. Le lendemain, nous avons atteint Néapolis[aw]. De là, nous sommes allés jusqu’à la colonie romaine de Philippes, ville du premier district de Macédoine[ax]. Nous avons passé plusieurs jours dans cette ville.

A Philippes

Le jour du sabbat, nous nous sommes rendus hors de l’enceinte de la cité, au bord d’une rivière où nous supposions que les Juifs se réunissaient d’habitude pour la prière. Quelques femmes étaient rassemblées là. Nous nous sommes assis avec elles et nous leur avons parlé.

Il y avait parmi elles une marchande d’étoffes de pourpre, nommée Lydie, originaire de la ville de Thyatire, une non-Juive qui adorait Dieu. Elle écoutait, et le Seigneur ouvrit son cœur, de sorte qu’elle fut attentive à ce que disait Paul. Elle fut baptisée avec sa famille et ceux qui en dépendaient, puis elle nous invita en disant: Puisque vous avez jugé que j’ai foi[ay] au Seigneur, venez loger chez moi.

Et, avec insistance, elle nous pressa d’accepter.

Un jour que nous nous rendions au lieu de prière, une esclave vint à notre rencontre. Elle avait en elle un esprit de divination, et ses prédictions procuraient de grands revenus à ses maîtres. Elle se mit à nous suivre, Paul et nous, en criant à tue-tête: Ces hommes-là sont des serviteurs du Dieu très-haut: ils viennent vous annoncer comment être sauvés!

Elle fit cela plusieurs jours de suite.

A la fin, Paul, excédé, se retourna et dit à l’esprit: Je t’ordonne, au nom de Jésus-Christ, de sortir de cette femme!

A l’instant même, il la quitta.

Lorsque les maîtres de l’esclave s’aperçurent que leurs espoirs de gains s’étaient évanouis, ils se saisirent de Paul et de Silas et les traînèrent sur la grand-place de la ville devant les autorités. Ils les présentèrent aux magistrats romains et portèrent plainte contre eux en ces termes: Ces gens-là sont des Juifs qui jettent le trouble dans notre ville. Ils cherchent à introduire ici des coutumes que nous, qui sommes Romains, n’avons le droit ni d’accepter, ni de pratiquer!

La foule se souleva contre eux. Alors, les magistrats leur firent arracher les vêtements et ordonnèrent qu’on les batte à coups de bâton.

On les roua de coups et on les jeta en prison. Le gardien reçut l’ordre de les surveiller de près. Pour se conformer à la consigne, il les enferma dans le cachot le plus reculé et leur attacha les pieds dans des blocs de bois.

Vers le milieu de la nuit, Paul et Silas priaient et chantaient les louanges de Dieu. Les autres prisonniers les écoutaient.

Tout à coup, un violent tremblement de terre secoua la prison jusque dans ses fondations. Toutes les portes s’ouvrirent à l’instant même et les chaînes de tous les prisonniers se détachèrent.


Footnotes
  1. 10.1 Césarée était le centre principal des garnisons romaines.
  2. 10.3 C’était l’heure habituelle de prière des Juifs (voir 3.1).
  3. 10.8 Jaffa était à environ 50 kilomètres de Césarée. Les envoyés sont partis le soir même et sont arrivés le lendemain après-midi.
  4. 10.9 midi : deuxième temps de prière des Juifs.
  5. 10.19 Selon les manuscrits, on trouve aussi des hommes ou deux hommes.
  6. 10.30 Certains manuscrits ont: je priais et jeûnais.
  7. 11.11 Certains manuscrits ont: je me trouvais.
  8. 11.19 Antioche : capitale de la province romaine de Syrie. Troisième ville de l’Empire romain (après Rome et Alexandrie). Appelée souvent Antioche de Syrie pour la distinguer d’Antioche de Pisidie (voir 13.14).
  9. 11.20 Certains manuscrits ont: des Juifs de culture grecque.
  10. 11.28 Le monde entier : expression qui désigne souvent l’Empire romain (voir Lc 2.1-2).
  11. 11.28 Claude : empereur romain qui a régné de 41 à 54 apr. J.-C. La famine a sévi dans diverses provinces romaines entre 46 et 48.
  12. 11.30 Deuxième visite de Paul à Jérusalem, qui coïncide selon certains avec celle qu’il mentionne en Ga 2.1-10.
  13. 12.1 Il s’agit d’Hérode Agrippa Ier, neveu d’Antipas. Il a régné sur la Judée à partir de l’an 41.
  14. 12.12 La maison de la mère de Jean-Marc et tante de Barnabas (Col 4.10) était peut-être un des lieux de rassemblement des chrétiens de Jérusalem.
  15. 12.17 Ce Jacques est le frère de Jésus qui a joué un rôle important dans l’Eglise de Jérusalem.
  16. 12.23 L’historien juif Josèphe parle lui aussi du caractère étrange et soudain de la mort d’Hérode Agrippa.
  17. 12.25 Autre traduction: après avoir rempli leur mission, retournèrent à Jérusalem. Certains manuscrits ont: après avoir rempli leur mission, quittèrent Jérusalem.
  18. 13.1 Il s’agit d’Hérode Antipas, gouverneur de Galilée.
  19. 13.4 Séleucie était le port d’Antioche de Syrie. Il faisait face à l’île de Chypre.
  20. 13.6 Un voyage d’environ 160 kilomètres. Paphos, sur la côte ouest, était la capitale administrative de l’île où résidait le gouverneur.
  21. 13.9 Les Juifs qui étaient citoyens romains (voir 22.27-29) portaient généralement deux noms: un nom juif (ici: Saul) et un nom romain (Paul). Lorsqu’il se trouvait en territoire non juif, l’apôtre utilisait ce dernier.
  22. 13.13 Pergé était une ville du sud de l’Asie Mineure. La Pamphylie se trouvait dans la région de l’actuelle Turquie.
  23. 13.13 Jean-Marc : voir 12.12, 25; 13.5.
  24. 13.18 Certains manuscrits ont: il a pris soin de lui.
  25. 13.20 Certains manuscrits ont: après cela, pendant quatre cent cinquante ans environ, il a donné …
  26. 13.22 1 S 13.14; Ps 89.21.
  27. 13.26 Selon d’autres manuscrits: c’est à vous.
  28. 13.33 Ps 2.7.
  29. 13.34 Es 55.3 cité selon l’ancienne version grecque.
  30. 13.35 Ps 16.10 cité selon l’ancienne version grecque.
  31. 13.40 Certains manuscrits ont: qu’il ne vous arrive pas.
  32. 13.41 Ha 1.5 cité selon l’ancienne version grecque.
  33. 13.47 Es 49.6.
  34. 14.1 Iconium, à environ 150 kilomètres à l’est d’Antioche de Pisidie.
  35. 14.6 La Lycaonie : district à l’est de la Pisidie, au nord des monts du Taurus. Elle faisait partie de la province de Galatie. Lystres : colonie romaine, lieu d’origine probable de Timothée, à une trentaine de kilomètres d’Iconium. Derbé : à une centaine de kilomètres de Lystres; patrie de Gaïus (20.4).
  36. 14.12 Zeus : dieu suprême dans la mythologie grecque. Hermès : messager des dieux.
  37. 14.23 On traduit aussi: ils firent nommer pour eux ou ils nommèrent pour eux.
  38. 14.27 Après un voyage qui a probablement duré deux ans. Après cela, Paul et Barnabas ont dû rester une année à Antioche pendant laquelle a peut-être eu lieu l’épisode raconté en Ga 2.11.
  39. 15.3 Il s’agit de l’Eglise d’Antioche de Syrie.
  40. 15.3 Autre traduction: accompagnés par l’Eglise, ils …
  41. 15.13 Jacques : voir note 12.17.
  42. 15.14 Simon : premier nom de Pierre (voir Mt 4.18).
  43. 15.18 Am 9.11-12.
  44. 15.20 Voir Ex 34.15-16; Lv 17.10-16. Selon certains, l’inconduite sexuelle pourrait désigner ici les unions interdites par la Loi de Moïse (voir Lv 18.6-23).
  45. 15.34 Ce verset est absent de plusieurs manuscrits.
  46. 16.6 La Galatie phrygienne était une région au sud de l’Asie Mineure. L’Asie : province romaine à l’ouest de l’Asie Mineure, ayant pour capitale Ephèse.
  47. 16.7 La Mysie : région située près du détroit du Bosphore.
  48. 16.10 Le passage à la première personne du pluriel (le nous) suggère qu’à partir de là, Luc s’est joint à l’équipe de Paul et rapporte ses souvenirs personnels jusqu’au chapitre 17. Après avoir parlé à la troisième personne dans les chapitres 17-19, il reprend le récit à la première personne en 20.5.
  49. 16.11 Néapolis : port du nord de la mer Egée, proche de la ville de Philippes.
  50. 16.12 Certains manuscrits ont: ville principale du district de Macédoine.
  51. 16.15 Autre traduction: je suis fidèle.

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